On a pris l’habitude de décrire Kolkata comme une ville fanée, ce qui est à la fois paresseux et légèrement insultant pour une agglomération de quinze millions d’habitants qui produit une part disproportionnée des écrivains, des cinéastes, des économistes et des controverses du pays. Ce qui est vrai, c’est que Kolkata porte son passé à découvert — les bâtiments de la capitale coloniale sont toujours debout et toujours en usage — et qu’elle ne s’est jamais souciée de se refaire une beauté pour les visiteurs. C’est précisément pour cela qu’elle vaut le voyage.
Une ville que l’on peut réellement arpenter
Le grand avantage pratique de Kolkata, c’est l’échelle. Le cœur colonial — le Maidan, Dalhousie Square, les tribunaux, les anciennes maisons de commerce, le fleuve — est compact et continu comme ne le sont ni les monuments dispersés de Delhi ni l’île étirée de Mumbai. Une matinée à pied vous en montre ici davantage qu’une journée en voiture ailleurs. Les taxis Ambassador, toujours jaunes, toujours partout, font partie de la texture et non d’un musée.
Kumartuli
Au nord de la ville, une ruelle d’ateliers voit naître les idoles d’argile destinées aux fêtes — armatures de paille et de bambou, recouvertes de couches d’argile du fleuve, peintes puis habillées. Dans les mois qui précèdent Durga PujaPujaAn act of Hindu worship — offerings of flowers, food, light or water made to a deity at a temple or a household shrine.Read in the glossary, Kumartuli travaille sans relâche, et le parcourir constitue l’expérience artisanale la plus extraordinaire qu’offre une ville indienne. C’est un quartier de travail, non une attraction : allez-y avec quelqu’un qui connaît les familles, et n’achetez rien qui ne vous ait été proposé.
La culture des cafés, et pourquoi la dispute compte
L’image intellectuelle que Kolkata a d’elle-même n’a rien d’une pose — les cafés de College Street, le marché du livre d’occasion qui court sur des rues entières, les petites revues et les ciné-clubs fonctionnent toujours. Pour un certain type de voyageur, c’est tout l’intérêt de la ville : un lieu où les idées sont une forme de divertissement public.
Durga Puja, et quand venir
Durga Puja, qui tombe généralement fin septembre ou en octobre, transforme la ville en tout autre chose — des milliers de pavillons temporaires, chacun commandé, conçu et jugé, et une population qui ne dort pas pendant cinq jours. C’est véritablement l’une des grandes fêtes de la planète, et elle exige une préparation très en amont.
Hors festival, la saison est la même que dans le reste du nord : d’octobre à mars, quand l’humidité se relâche. Évitez les mois qui précèdent la mousson, qui sont lourds.
Questions, réponses
Kolkata vaut-elle le voyage ?
Pour les voyageurs sensibles à l’architecture, à la littérature, à l’artisanat et à la vie de la rue, c’est l’une des villes les plus gratifiantes de l’Inde — et l’une des moins présentes dans les itinéraires internationaux. C’est une ville qui se marche, dotée d’un cœur colonial compact, d’une vraie culture gastronomique et d’une vie intellectuelle bien vivante.
Combien de jours faut-il à Kolkata ?
Trois jours constituent une bonne mesure — un pour le cœur colonial à pied, un pour la ville nord, Kumartuli et les vieilles ruelles comprises, et un pour les musées, le fleuve et tout ce que les deux premiers jours vous auront donné envie d’explorer.
Quand a lieu Durga Puja ?
Durga Puja tombe généralement fin septembre ou en octobre ; les dates exactes varient chaque année selon le calendrier lunaire. C’est la fête emblématique de la ville et elle exige de réserver de nombreux mois à l’avance.
Quelle est la meilleure période pour visiter Kolkata ?
D’octobre à mars, quand l’humidité baisse et que les journées sont agréables. Les mois précédant la mousson, à partir d’avril, sont chauds et lourds, et la mousson apporte de fortes pluies.
Qu’est-ce que Kumartuli ?
Un quartier du nord de Kolkata où des familles d’artisans fabriquent les idoles d’argile utilisées lors des fêtes de la ville, à partir d’armatures de paille et de bambou recouvertes d’argile du fleuve. C’est un quartier artisanal en activité, à son plus intense dans les semaines qui précèdent Durga Puja.
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